• DÉPLACER L'ANTENNE (1986)

    Déplacer l’antenne                                                                           

    (Lettre adressée au président de Radio-Canada, M. Pierre Juneau, publiée dans Le Soleil, vendredi le 26 décembre 1986)

     

    Je vous écris parce que je crois que la Société Radio-Canada doit profiter d’une  occasion qui s’offre pour relocaliser son antenne émettrice qui est située sur la pointe occidentale de l’île d’Orléans.

     

    La nature de l’île et la grandeur du panorama de Québec justifient ce déplacement. L’antenne devrait se retrouver sur un emplacement plus au sud vers l’ouest, possiblement derrière les flambeaux de la raffinerie d’Ultramar à Saint-Romuald. À cet endroit, l’antenne géante respecterait davantage ce caractère paysager de notre région qui contribue avec l’histoire à établir l’originalité de notre industrie touristique.

     

    Vue de la Pointe-Lévy, de Québec, Beauport ou de Montmorency, la nature de l’île d’Orléans est exceptionnelle. « De tous les coins de la province de Québec », écrivait l’historien Pierre-Georges Roy, « il n’en est pas de plus pittoresque que l’île d’Orléans. Les écrivains ont raconté son histoire, les poètes ont chanté ses charmes, les peintres ont reproduit sur la toile ses gracieux paysages. En effet, toutes les beautés de la nature canadienne semblent s’être données rendez-vous en cet endroit privilégié. » (L’île d’Orléans, Québec, 1928)

     

    Les tours métalliques d’Hydro-Québec et l’antenne de télévision rouge et blanche, haute de 150 m, sont de véritables irritants qui dénaturent le paysage de l’île.

     

    Jusqu’à ce que le sommet de l’antenne émettrice ne prenne feu subitement le 1er décembre dernier, les touristes de passage et les résidents des deux rives du fleuve ne pouvaient même plus poser un regard paisible sur l’île; ils se voyaient pénétrés involontairement par les flashes ininterrompus d’une lumière stroboscopique placée au sommet de l’antenne. Quel inconvénient majeur pour les gens qui recherchent ici une prise de contact avec la nature !

     

    Depuis l’incendie de l’autre jour, nous pouvons nous rendre sur la terrasse Dufferin et nous détendre à loisir devant le paysage qui environne le bassin de Québec. Le fleuve est plus beau que de coutume, et l’île est redevenue un peu plus elle-même. Hélas ! Quand l’antenne sera réparée, les flashes stroboscopiques reprendront…

    Je pense que le président de la Société Radio-Canada doit intervenir pour corriger cette situation. L'île agressée doit retrouver son cadre naturel d’antan.

     

     

    Yvan-M. Roy

     

     


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