• FRANÇOIS LEMIEUX, LÉON ROY ET L'INCORPORATION DE LÉVIS EN 1861

     AVANT-PROPOS :  Ce livrel (E-Book) à compte d’auteur est publié pour souligner la contribution exceptionnelle de François Lemieux, avocat et député du comté de Lévis, et celle de Léon Roy, notaire et premier secrétaire-trésorier, lors des événements qui ont entouré l’incorporation de Lévis en 1861.

     Lévis, ce 18 mai 2011           

     

     

    Yvan-M. Roy                                                                                DROITS RÉSERVÉS

     yvanmroy2011@yahoo.ca 

     

     

     SOURCES : La lecture des journaux publiés à Québec entre janvier et mai 1861 permet de constater que l’incorporation de la ville de Lévis fut le résultat du travail soutenu du député de Lévis, François Lemieux, aidé dans l’ombre par Léon Roy, notaire. Les journaux de l’Assemblée législative du Canada-Uni indiquent que malgré une forte opposition, François Lemieux réussit à convaincre l’Assemblée et le Conseil législatif du bien-fondé de la mesure. Une transcription partielle d’un manuscrit de Joseph-Edmond Roy, maire de Lévis de 1895 à 1900, illustre le contexte qui a précédé et entouré l’incorporation.

     

     

     CHAPITRE PREMIER

     

     L’INCORPORATION DE LÉVIS

     

     

    Aubigny et la paroisse Notre-Dame de la Victoire

     

     En 1818, John Caldwell,  seigneur de Lauzon, avait voulu créer devant Québec un centre de villégiature portant le nom d’Aubigny, à quelque 5 kilomètres à l’ouest de l’église de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. À cette époque, la paroisse de Pointe-Lévy occupait la rive du fleuve Saint-Laurent sur une distance de 15 kilomètres, soit tout l’espace entre la rivière Chaudière et les limites de la paroisse de Beaumont. L’église de  Saint-Joseph était située sur les hauteurs du Cap-Lévy, à 6 kilomètres des limites de Beaumont. En 1838, afin de favoriser la fréquentation aux offices religieux, l’évêque de Québec permit de détacher le territoire situé entre l’embouchure des rivières Etchemins et Chaudière pour ériger  la paroisse de Saint-Romuald. En 1842, Joseph-David Déziel fut nommé curé de la paroisse de Pointe-Lévy. Déziel se rendit bien compte que le cœur économique de Pointe-Lévy s’était déplacé vers  l’ouest et qu’une forte agglomération s’était créée aux environs de l’endroit appelé « Aubigny » par les anglophones et « le Passage » ou « la Traverse » par les francophones.  Vers 1849, un groupe de paroissiens demanda  à l’évêque la permission d’y construire une église succursale. Une fois la construction de l’église terminée, ces paroissiens demandèrent de créer une nouvelle paroisse autour de l’église succursale. Le décret d’érection de Notre-Dame de la Victoire fut signé par l’évêque le 13 novembre 1851.  Déziel quitta alors la cure de Saint-Joseph pour aller occuper celle la nouvelle paroisse. Il entreprit la construction d’un collège et d’un couvent. Son dynamisme se transposa sur les paroissiens. Pendant trente ans, il fit preuve d’un dévouement sans borne aux intérêts spirituels et temporels de ses paroissiens. Quelques jours après son décès survenu le 23 juin 1882,  la Chambre de commerce de Lévis adopta la résolution qui suit :

     

    « Que la part que Mgr Déziel n’a jamais cessé de prendre dans le progrès et le développement matériels de la ville de Lévis, dont il doit être considéré juste titre comme le fondateur, assure à sa mémoire le respect le plus entier et la reconnaissance la plus complète. » 

     

    L’Institut Canadien-Français, l’Assemblée des paroissiens, le Conseil de ville, tous unanimement votèrent des résolutions attribuant à Joseph-David Déziel le titre de fondateur de Lévis.   Le Quotidien lança l’idée de faire ériger, au centre du carré devant l’Église, une statue de Mgr Déziel, avec la simple inscription : Mgr Déziel, fondateur de Lévis.

     


     

    Le comté de Lévis

     

    En 1792, les citoyens de la rive droite devant Québec furent regroupés dans le comté de Dorchester . Puis, le 14 juin 1853, le comté de Dorchester fut divisé en trois, avec le résultat qu’un comté en front sur le fleuve allait porter le nom de Lévis, les deux autres en arrière pays, Dorchester et Beauce.

     

    Depuis 1847, François Lemieux siégeait comme député de Dorchester. Lemieux était un avocat fort distingué du barreau de Québec. Le 8 juillet 1854 eut lieu la première élection d’un député  suivant la création du comté. Il n’y eut pas de lutte, François Lemieux fut élu par acclamation. Le 27 janvier 1855, Lemieux fut nommé commissaire des travaux publics dans l’administration Macdonald. Le 10 juin 1855, il fut de nouveau élu par acclamation. 


    L’historien Joseph-Edmond Roy a écrit :

     

    L’honorable François Lemieux était alors un des hommes politiques les plus populaires de la région de Québec. Les journaux du temps rapportent qu’il pouvait faire élire qui il voulait dans quatre ou cinq comtés de ce district. Ce n’était point un orateur, mais il était bon, doux, serviable pour tous. Il ne savait rien refuser à qui lui demandait. Jurisconsulte de grande réputation, son étude était très fréquentée, et ses électeurs étaient toujours certains d’y obtenir gratuitement tout ce qu’ils désiraient. 

     

    S’il fallait attribuer à quelqu’un le crédit concernant l’attribution du nom de Lévis à la nouvelle division électorale, c’est à François Lemieux que l’honneur devrait revenir. Il était le député en fonction au moment du démembrement de Dorchester et il jouissait d’une grande influence auprès du parti ministériel. 

     

     

    La municipalité de la paroisse Notre-Dame de la Victoire

     

    Dès 1840, le gouvernement des Provinces Unies ( Haut-Canada et Bas-Canada) avait cherché vainement la mise en place de corporations locales comme premières véritables institutions municipales. La population ne voyait là que « des machines à taxer ».  En 1855, le parlement vota l’Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada. La loi constitua d’un seul coup  en municipalités locales toutes les paroisses religieuses ayant plus de 300 personnes. C’est ainsi que le 1er juillet 1855 fut créée la municipalité de paroisse de Notre-Dame de la Victoire sans volonté manifeste des résidents.  En même temps, 392 autres municipalités de paroisse voyaient le jour partout au Bas-Canada. Ce fut clairement l’expression d’une volonté gouvernementale interventionniste prévalant sur la volonté populaire.

     

    Le 23 juillet suivant l’adoption de cette loi, des élections eurent lieu dans la nouvelle municipalité de Notre-Dame pour combler les postes de conseillers, au nombre de sept. La première réunion du nouveau conseil eut lieu le 6 août.  Les conseillers se choisirent parmi eux le maire, le docteur Joseph-Goderic Blanchet. Par la même occasion, ils votèrent l’engagement du notaire Léon Roy pour occuper la fonction de secrétaire-trésorier. 

     

     

    Blanchet et Lemieux s’affrontent pour la première fois

     

    Le 29 décembre 1857, l’honorable François Lemieux se présentait comme libéral-conservateur devant les électeurs du comté de Lévis. Cette fois, le docteur Blanchet lui fit la lutte en se réclamant du parti démocrate. Lemieux l’emporta par 422 voix de majorité. La bataille fut très chaude.

     

    Joseph-Edmond Roy a raconté que Léon Roy avait été placé devant un choix difficile :

     

    « Mon père ne fut jamais un partisan politique bien enthousiaste. Il se contentait d’ordinaire d’aller donner sa voix au poll , et c’est tout…. Comme je l’ai dit déjà, il appartenait au parti libéral-conservateur et appuya l’honorable François Lemieux. 

     

    En ces temps là, l’expression du choix électoral était faite publiquement. Il n‘y avait que deux bureaux de scrutin dans tout le comté, l’un à Saint-Nicolas, l’autre à Saint-Henri. Les électeurs se présentaient au bureau de scrutin. Chacun devait à haute voix déclarer au greffier le candidat de son choix. Le secrétaire-trésorier Roy de la municipalité de Notre-Dame avait donc voté ouvertement « au su et au vu » de tous contre le maire du conseil qui l’avait engagé. Les conséquences n’allaient pas tarder.

     

    Deux semaines plus tard eut lieu le scrutin pour le premier renouvellement du conseil  de Notre-Dame. Voici comment Joseph-Edmond Roy a relaté l’événement :

     

    « …le 12 janvier (1858) avaient lieu les élections municipales du conseil de Notre-Dame. Les têtes étaient montées, les esprits échauffés. On s’attendait bien qu’il y aurait du tapage. Mon père devait nécessairement assister à l’élection. C’est lui, qui comme secrétaire, devait prendre les votes.

     

    Le docteur Blanchet avait pour lui la majorité de l’ancien conseil et il tenait à la conserver. D’un autre côté, les amis de M. Lemieux, tout fiers encore de leur victoire, entendaient bien l’emporter cette fois-ci, au niveau municipal. 

     

    Mon père venait à peine d’inscrire les premiers votes, qu’une bagarre s’éleva. La maison de poll fut envahie et on voulut lui enlever ses papiers. Mon père déchira les feuilles du cahier de votation où étaient inscrits les votes reçus et put s’enfuir au milieu de la foule jusque chez lui. Le docteur Blanchet, alors maître de la situation, s’improvisa un bureau de scrutin et fit élire tous ses amis.

     

    Le 18 janvier, le nouveau conseil se réunissait. La première résolution qu’il adopta fut pour destituer son secrétaire dont l’honnêteté et la franchise lui déplaisaient. 

     

    On conçoit que cette élection remportée par la violence dût être contestée devant les tribunaux. Le 26 mars 1858, le juge Chabot déclara que l’élection du mois de janvier précédent était radicalement nulle. Il fallut donc tout recommencer. Le même conseil fut réélu, et mon père dut se résigner au sort injuste qu’on lui avait fait. » 

     

     

    Curieusement, le 22 avril suivant, le conseil de Notre-Dame demanda par résolution à l’Assemblée du Canada-Uni le vote au scrutin secret pour l’élection des membres du Parlement et celle des conseillers municipaux. 

     

     

    Une requête en démembrement

     

    En 1861, la jeune municipalité de Notre-Dame de la Victoire entrait dans la 6e année de son existence lorsqu’un défi inattendu vint compromette la paix relative qui s’était établie après l’épisode tumultueux des élections de 1858.

     

    Le 14 février 1861, le greffier de l’Assemblée législative avait fait publier dans Le Canadien un avis dans lequel il informait les personnes intéressées à présenter à l’Assemblée des projets de lois privés qu’elles seraient requises de donner un avis de deux mois dans la Gazette du Canada ainsi que dans un journal anglais et français. 

     

    Ainsi donc, le 11 mars suivant, le Canadien publiait un avis indiquant qu’une demande serait faite à l’Assemblée pour diviser la municipalité de Notre-Dame de la Victoire « afin de former un village devant être appelé QUEBEC SUD ».   Les bornes du village proposé devant être le fleuve Saint-Laurent au nord-ouest, en arrière, les propriétés situées à la cime du cap, au nord-est, la côte Davidson , et au sud-ouest, la paroisse de Saint-Romuald. Notre-Dame allait ainsi perdre une importante partie de son assiette foncière, soit la taxation ou l’imposition des entreprises ferroviaires et portuaires de la compagnie du Grand Tronc, sans oublier celles de plusieurs sociétés impliquées dans la construction de navires et l’expédition de bois vers l’Angleterre. La requête sera présentée aux législateurs sous l’appellation  «  Requête de William Rhodes et autres... »

     

     

    Une contre-requête

     

    La réaction vint deux semaines plus tard, le 28 mars, alors que le Journal de Québec publia un avis annonçant une deuxième demande pour diviser la municipalité de Notre-Dame de la Victoire…’’ afin de former une ville qui sera appelée Lévis.’’  La demande avait pour objet de conserver dans la nouvelle ville toutes les propriétés de Notre-Dame en bordure du fleuve et d’amputer vers le sud plus des cinq-sixièmes de la superficie, soit pratiquement toute les terres débutant au sud du chemin public jusqu’aux limites de la paroisse de Saint-Henri. La requête venait ainsi contrer la requête de William Rhodes parce qu’elle impliquait la conservation de tout le territoire en bordure du fleuve. Puisque le premier nom apparaissant sur la requête était celui de Duncan Anderson, le greffier de l’Assemblée la désignera sous la mention : «Requête de Duncan Anderson et autres… ». 

     

     

    Diviser pour régner

     

    La stratégie qu’avaient adoptée les citoyens qui s’étaient groupés pour s’opposer à la création du village de Québec-Sud était fondée sur la maxime « diviser pour régner ». Il fallait isoler ceux qui auraient été tentés d’appuyer la requête Rhodes.

     

    C’est ainsi que la signature du Révérend Duncan Anderson se trouva en tête de liste de la contre-requête. Il s’agissait d’une stratégie pour donner le signal à la communauté anglophone de la haute-ville de suivre la voix de leur pasteur. C’était également un message à l’intention des parlementaires que l’unité n’était pas faite chez les anglophones autour de la requête Rhodes pour la création du village de Québec-Sud.  

     

    Les entreprises du capital  anglo-saxon étaient principalement localisées en bordure du fleuve. Cependant, de nombreux anglo-saxons habitaient les plateaux qui bordent la falaise de Notre-Dame. Il y avait même sur les plateaux, à quelques minutes de l’église catholique, deux autres églises, l’une Anglicane, l’autre Presbytérienne. La requête Anderson indiquait clairement que l’intérêt des paroissiens anglo-saxons rejoignait  celui des francophones. 

     

     

    Un appui pour la requête Anderson

     

    Le 11 avril suivant, le Journal de Québec publia un manifeste à l’appui de cette contre-offensive. L’auteur qui avait signé « un ami du Progrès »  fit une description particulière de Notre-Dame, des avantages de la Pointe-Lévis, de la grande dynamique du commerce et de l’industrie maritime. L’auteur insista sur la nécessité d’améliorer les communications fluviales avec la ville de Québec et d’établir à Pointe-Lévis un marché public profitable à toute la population de la rive sud du fleuve :

     

    « Faites que l’on se transporte de Québec à la Pointe-Lévis dans un aussi court temps et avec autant de facilité que l’on passe de la Haute-Ville au faubourg Saint-Jean ou à Saint-Roch de Québec et ne doutez plus de la prospérité et de l’avenir de la Pointe-Lévis.

     

    Depuis longtemps, le besoin d’un marché public au passage se fait sentir.  Eh! Bien, dès l’instant qu’une traverse facile aura conduit de ce côté le plus grand nombre possible de consommateurs, cette mesure deviendra indispensable; et tous les districts et townships du Sud viendront étaler avec complaisance leurs riches produits sur ce marché tant désiré, auquel ils seront comme autant de ressources inépuisables d’alimentation dans toutes les saisons de l’année. »

     

     « L’ami du Progrès » prétendit que la requête pour créer la ville de Lévis jouissait d’un appui majoritaire. C’était probablement vrai jusqu’à la publication du manifeste. Cependant, l’idée d’un marché public et le projet d’améliorer le transport par traversier allait soulever des remous au sein de la population francophone, notamment chez les canotiers qui, depuis deux siècles, avaient établi leur commerce en fonction du marché de la Basse-Ville à Québec.

     

     

    Une demande en opposition

     

    Le 24 avril, une voix s’éleva dans le journal Le Canadien pour démolir les arguments avancés la semaine précédente par « L’ami du Progrès » .  L’auteur s’étant présenté comme « L’ami sincère du Progrès » prétendit que   les deux tiers de la population de Notre-Dame se refusaient à l’incorporation de leur municipalité. Il annonça le dépôt au Parlement d’une demande en opposition pour obtenir le rejet des requêtes Rhodes et Anderson.

     

    Il exposa qu’il y avait trois lieux (ou localités) bien identifiés dont les intérêts étaient mis en cause, soit les environs de la « station du chemin de fer », la route communément appelée « la route du Passage » et celui « de la Petite Route »  qui formait un tiers de sa population ; et l’auteur de continuer : «  avant l’établissement du chemin de fer et de la ligne régulière par eau tenue depuis quelques années, [la Petite Route] avait l’avantage de faire le commerce avec presque tous les habitants que l’on compte jusqu’à Rimouski. »…et d’ajouter : « Serait-il juste alors et honnête d’incorporer malgré elle une aussi pauvre population, de  lui imposer des charges onéreuses et de l’obliger à payer des taxes qui ne lui seront d’aucun profit, vu sa grande distance des autres localités, et qui encore plus tard ne lui rapporteront que de nouveaux impôts ? »

     

    La Petite Route (de la cabane des Pères) était depuis des générations l’endroit de résidence des canotiers de Pointe-Lévy. Ces derniers voyaient la création d’un marché à Lévis et l’amélioration des services traversiers comme une menace à l’exercice de leur métier traditionnel. 

     

     « L’ami sincère du Progrès »  termina en signalant que Notre-Dame possédait plusieurs avantages qu’il faudrait chercher à lui conserver en dépit des efforts incessants « d’une douzaine d’individus, dont au moins la moitié convoite les places et les situations que devra créer cette corporation ».

     

     

    Ouverture de la session, introduction des requêtes et adoption de la charte de Lévis

     

    À l’ouverture de la session, le 11 avril 1861,  les députés réunis en Chambre entendirent la requête pour la création du « Village de Québec-Sud » et celle concernant « La Ville de Lévis ».

     

    Le 16 avril, François Lemieux, député, recevait la permission de l’assemblée pour l’introduction d’un projet de loi visant l’incorporation de « La ville de Lévis ». Le même jour, le député David Edward Price recevait la permission d’introduire un autre projet de loi pour incorporer «  Le village Québec-Sud ». 

     

    Le 19 avril, l’assemblée recevait la requête de « Georges Couture et autres » demandant que la pétition de « Duncan Anderson et autres » et celle de « William Rhodes et autres » ne soient pas écoutées.

     

    Le 22 avril, une seconde requête de la part de « F.-X. Thompson et autres » venait demander cette fois uniquement le rejet uniquement de la requête « Duncan Anderson et autres».  Lemieux proposa sans succès le rejet de cette requête.

     

    Le 24 avril, une troisième requête de « Pierre Drapeau et autres » fut déposée demandant que la requête de « William Rhodes et autres » ne soit pas accordée.

     

    Le 6 mai,  une quatrième requête de « Louis Bégin et autres » fut déposée demandant que la requête de « Duncan Anderson et autres » ne soit pas accordée.

     

    Le 10 mai, une cinquième requête de « George Berwick et autres » vint demander que le projet de loi pour incorporer la ville de Lévis ne soit pas passé.

     

    Le 14 mai, la Chambre, en conformité de l’ordre, se forma en comité sur le projet de loi pour incorporer la ville de Lévis afin que la lecture pour la troisième fois soit faite dans les jours suivants.

     

    Le 16 mai, l’acte pour incorporer la ville de Lévis fut mis aux voix sur proposition de François Lemieux, appuyé par Dunbar Ross; la question sur division de la Chambre fut adoptée. Le projet fut alors porté au Conseil Législatif.

     

    Le 17 mai, le Conseil Législatif demanda à la Chambre de prendre en considération un amendement qui aurait eu pour effet d’exempter de taxes «  les quais, stations, appentis, bâtiments, emplacements de station, gare d’évitement et toutes autres propriétés et immeubles appartenant à la compagnie du chemin de fer du Grand Tronc du Canada. »

     

    Le 18 mai, la Chambre fut réunie de nouveau et  les députés entendirent  en seconde lecture l’amendement amené par le Conseil législatif;  la question de l’exemption de taxes fut mise aux voix et rejetée. La Chambre forma alors un comité spécial pour préparer les raisons à transmettre au Conseil législatif pour expliquer le refus. Le comité spécial était composé des honorables MM. Lemieux, Cauchon, McDougall, Langevin et Alleyn. De retour à la Chambre, François Lemieux parlant au nom du comité fit rapport des raisons sur lesquelles le comité s’était entendu :

     

    1. Parce que les parties intéressées à la dite incorporation n’ont jamais eu l’intention d’exempter du contrôle et de la taxation municipale les propriétés du Grand Tronc;
    2. Parce que cette exemption est incompatible avec le système municipal et injuste en principe, et créerait un précédent dangereux que cette Chambre ne voudrait pas sanctionner, et qu’en outre le système de taxer les propriétés de chemin de fer, est amplement et justement pourvu par l’acte municipal du Bas-Canada.

     

    La Chambre adopta alors les raisons proposées et il fut ordonné que l’Honorable M. Lemieux se rende au Conseil législatif pour y déposer la réponse de la Chambre. François Lemieux s’exécuta alors et le Conseil législatif abandonna finalement son amendement.  

     

    Avant la levée de l’assemblée, le Gouverneur général fit appeler les députés pour qu’ils assistent à la cérémonie entourant la sanction royale des lois adoptées au cours de la session; l’Acte pour incorporer la ville de Lévis se trouvait au dernier rang de la liste.   

     

    Ce jour marqua le triomphe de François Lemieux. Grâce à son expérience parlementaire et après avoir obtenu l’adhésion de ses collègues ministériels, la requête pour la création du village de Québec-Sud fut écartée, et les nombreuses mesures d’opposition à la création de la ville de Lévis avaient été rejetées.

     

    La municipalité de Notre-Dame survivait amputée du territoire de la nouvelle ville de Lévis.  Le maire Blanchet de Notre-Dame qui résidait en plein centre de la nouvelle ville avait perdu sa qualification pour demeurer maire de Notre-Dame. Blanchet était ambitieux. Il allait bientôt réagir.

     

     

    Élection provinciale dans le comté de Lévis

     

    Le Parlement fut dissout à la clôture de la session. Le jour du scrutin fut fixé pour le 10 juillet, soit vingt jours avant la première élection municipale de Lévis. Si l’ex-maire de Notre-Dame avait l’intention de poursuivre une carrière en politique, il se trouvait placé devant le choix de poser sa candidature aux postes suivants, soit celui de conseiller de la nouvelle ville, soit au poste de député. Il prit la décision de se porter candidat contre François Lemieux.

     

     

    Victoire du docteur Blanchet ...

     

     (pour la suite, présentez la demande à:          yvanmroy2011@yahoo.ca )

     

     

     


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